ALEA > programme > Transitions

Transitions

Cycle de conférences-débats

Exprimant le passage d'un état et un autre, la transition est un processus fondamental à tout développement, toute transformation, toute modification de position ou d’espace, toute bifurcation. Elle exprime la dynamique plus ou moins perceptible et durable d’un changement.
La transition peut être un passage, une évolution, une variation, une progression, une dégradation, jamais une stagnation. Elle implique nécessairement, c’est selon, un avant et un après, un ici et un là, une structure et une autre. Elle est présence dynamique.
Elle trouve sa place dans les évolutions de l’univers et de la nature, dans celles de leurs descriptions et modélisations, tout comme dans celles des civilisations, des hommes, de la pensée : les mathématiques, les sciences, les philosophies, les sociétés - leurs modes d’être et de s’organiser, leurs cultures, leurs idéologies -, les hommes et les femmes, leurs vies, les mœurs, la sexualité sont concernés.
Ses champs d'applications sont si multiples, les disciplines concernées si nombreuses, que le pluriel s'impose. Si les transitions se déclinent sous diverses réalités, en quoi se ra/ressemblent-elles ?
Le cycle sur les transitions tentera de mettre en lumière quelques-uns de ses champs d'application tout en réfléchissant sur la fragilité inhérente à cette notion décidément tour à tour en tension ou en équilibre.

Programme

Les conférences se tiennent, selon les cas, au CERLA, à l'institut Chevreul ou à LILLIAD. Les trois bâtiments se situent sur le site de la Cité Scientifique de l'université de Lille.

Si cette icône apparaît sur l'illustration, cliquez dessus pour visionner l'enregistrement de la conférence.

28 septembre 2021, amphi Pierre Glorieux, CERLA, 18h00

Pascal Chabot, L'âge des transitions

Répondant: Alain Cambier

Spiral Jetty, Robert Smithson

Autour du terme « transition », un nouvel imaginaire du changement cristallise. Des préférences s'y dessinent, des impasses s'y évitent. Mais quels sont les traits significatifs de ce changement? Comment les différentes transitions en cours (énergétiques, démocratiques, démographiques, numériques) convergent-elles ou, au contraire, font-elles voir des divergences, voire des impasses ? Et comment cet imaginaire fait-il face à la montée en puissance d'ultraforces qui, sur la planète, imposent un mode de vie à forte composante technique ? Ce sont ces questions qu'il faudra explorer pour mettre au jour un nouveau rapport au futur, plus nécessaire que jamais à l'heure des catastrophes, mais aussi à l'heure des résolutions.

Pascal Chabot est philosophe. Il enseigne à l’Ihecs (Bruxelles) et est notamment l’auteur aux PUF de Global burn-out (2013), L’âge des transitions (2015), Exister, résister. Ce qui dépend de nous (2017), Traité des libres qualités (2019), Avoir le temps. Essai de chronosophie (2021)

Alain Cambier est Docteur en philosophie, professeur de chaire supérieure, chercheur associé au laboratoire « Savoirs, textes, langage »

12 octobre 2021, amphi Pierre Glorieux, CERLA, 18h00

Chantal Jacquet, Les transitions transclasses

Répondant: Charlotte Meurin

zhuwei06191973

Si la reproduction sociale tend à empêcher les changements de classe sociale, il n'en reste pas moins que certains individus seuls ou en groupe deviennent des transclasses. La transition d'une classe sociale à l'autre s'accompagne souvent de tiraillements et de fluctuations d'identité liés à une posture d'entre-deux. C'est cette transition transclasse et ses effets psychosociaux qu'il s'agira d'examiner.

Chantal Jaquet est philosophe, professeure de philosophie moderne à l'Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne. Spécialiste de Spinoza et de la philosophie sociale, elle est à l'origine du concept des « transclasses » et auteure aux PUF de Les transclasses ou la non reproduction (2014)

Charlotte Meurin est bibliothécaire

19 octobre 2021, amphi Pierre Glorieux, CERLA, 18h00

Alain Cambier, Les transformations sociétales

Répondant: Francis Danvers

Foules, Michel Houssin (Arles)

« Sociétal » est un anglicisme admis dans la langue française dès les années 1970, dans le contexte d'une émancipation décisive des mœurs. Jusqu'alors les problèmes de la société semblaient relever surtout du traitement de la question sociale : l'émergence d'une modalisation de ces problèmes sous leur forme sociétale a été concomitante du rôle innovateur joué par la société civile. La loi sur l'IVG en 1975 peut être considérée comme la première institutionnalisation d'une revendication sociétale. Depuis, la loi de 2013 sur le « mariage pour tous » tout comme la loi sur la PMA témoignent de cette revendication persistante de réaménagements des modes de vie. L'approche compréhensive des phénomènes sociétaux permet de cerner le dynamisme des processus d'individuation au sein d'une société ouverte. Les transformations sociétales soulignent la dimension nécessairement transactionnelle de toute démocratie pour articuler préoccupations individuées et institutions collectives.

Alain Cambier est Docteur en philosophie, professeur de chaire supérieure, chercheur associé au laboratoire « Savoirs, textes, langage »

Francis Danvers est professeur émérite des universités, vice-président de l'université populaire de Lille et président de l'ALEA

16 novembre 2021, amphi Pierre Glorieux, CERLA, 18h00

Nicolas Gauvrit, Qu'est-ce qui vous fait penser que je suis un homme ?

Répondant: Jean-Paul Delahaye

Si une vision essentialiste de l'identité sexuelle a longtemps dominé dans le grand public, on assiste depuis quelques décennies à un discours radicalement socioconstructiviste, selon lequel toute différence psychologique entre les sexes est le fruit quasi exclusif d'un biais culturel, souvent ancien. Pour certains, affirmer le rôle prédominant et presque exclusif de la culture est un pas nécessaire pour défendre une égalité de traitement.
Nous verrons que l'existence de stéréotypes sexistes est en effet bien établie mais que la force de l'effet qu'ils peuvent avoir sur les différences véritables reste discutée. Nous verrons aussi que l'existence d'autres causes de décalage, d'ordre biologique, sont également bien documentées, sans que cela remette en cause en quelque façon le combat pour l'égalité des sexes.
Les différences sexuelles sont plus probablement le reflet d'une rétroaction que la culture a sur l'inné, qui amplifie des écarts préexistant dans une moindre mesure.

Nicolas Gauvrit est psychologue du développement et chercheur en sciences cognitives au laboratoire CHart (École pratique des hautes études, Paris)

Jean-Paul Delahaye est mathématicien et informaticien. Il est professeur émérite à l'Université de Lille et membre du laboratoire CNRS Cristal. Il est auteur de nombreux livres et tient la rubrique « Logique et calcul » de la revue Pour la science