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Infini(s)

Cycle de conférences-débats

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Programme

Les conférences se tiennent, selon les cas, à l'Espace Culture, au CERLA ou à LILLIAD. Les trois bâtiments se situent sur le site de la Cité Scientifique de l'université de Lille.

Si cette icône apparaît sur l'illustration, cliquez dessus pour visionner l'enregistrement de la conférence.

04 février 2025, Espace Culture, 18h30

Jean-François Colonna, S'il vous plait... dessine-moi l'infini

Répondant: Jean-Paul Delahaye

Variété de Calabi-Yau - Ecole Polytechnique

Grâce aux travaux de Georg Cantor, l'univers vertigineux des infinis s'est ouvert aux mathématiciens. Mais est-il pour autant accessible, voire visualisable et si les Mathématiques sont bien LE langage de la Nature correspond-il à tout ou partie de la Réalité ?
Un voyage de l'échelle de Planck à l'hypothétique Multivers, suivi d'une présentation de la Géométrie Fractale nous offriront des éléments de réponses tout en images à ces interrogations.

Jean-François Colonna est chercheur au centre de mathématiques appliquées (CMAP) de l’École Polytechnique

Jean-Paul Delahaye est Professeur émérite en informatique de l'université de Lille

11 février 2025, Espace Culture, 18h30

Alain Aspect, A l'échelle des photons, l'intrication quantique

Répondant: Bernard Maitte

Quantum wave ©agsandrew - DepositPhotos

La physique classique distingue deux objets : les particules, discrets en nombre et en position, et les ondes, continues sous ces deux termes. Au début du XXe siècle, les physiciens mettent en évidence que les photons et les électrons se comportent parfois comme des ondes, parfois comme des particules. Deux théories permettent alors de rendre compte de ces propriétés : la mécanique ondulatoire (Einstein, Schrödinger) et la mécanique quantique (Bohr, Heisenberg). Si leurs développements mathématiques, initialement différents, purent être unifiés, leurs bases épistémologiques diffèrent : la mécanique quantique est une interprétation qui fixe son domaine de validité par un principe d'incertitude probabiliste, la mécanique ondulatoire refuse cette position, adopte un point de vue réaliste, conjecture qu'il existe une réalité matérielle encore inaccessible. En 1935, Einstein, Podolsky et Rosen croient pouvoir réfuter l'interprétation probabiliste au moyen d'une expérience de pensée « le paradoxe EPR ». En 1964, Bell fournit un test numérique, des inégalités, permettant de choisir entre les deux positions. En 1983, en faisant interagir deux photons, nous avons pu, par la mesure, invalider la vision réaliste locale. Deux photons ayant interagi se comportent comme un système quantique unique : c'est l'intrication. Au dualisme de la physique classique succède le monisme quantique : il décrit de manière identique matière et lumière.

Alain Aspect est professeur à l'Institut d'Optique / Université Paris-Saclay, Prix Nobel de physique 2022

Bernard Maitte est professeur émérite à l'université de Lille

25 mars 2025, Espace Culture, 18h30

Chantal Jaquet, L'infini chez Spinoza (sous réserves)

Répondant: Charlotte Meurin

Paradoxalement, l'infini chez Spinoza n'est pas l'infini, car il n'a rien d'unique et d'univoque. Spinoza admet en effet une pluralité d'infinis, comme l'absolument infini, l'infini en son genre, l'illimité, l'indéfini… Certains infinis le sont en vertu de leur essence ou de leur définition, d'autres en vertu de leur cause ; ils ne sont pas tous de même nature et doivent faire l'objet de distinction.
L'équivocité du concept d'infini prête donc à confusion et donne lieu à des erreurs et des controverses. Spinoza est conscient de la difficulté et s'en explique dans la lettre XII à Louis Meyer datée du 20 avril 1663. A son correspondant qui le presse de faire part de ses réflexions à ce sujet, Spinoza explique les raisons pour lesquelles « le problème de l'infini a paru à tous très difficile et même inextricable » et va s'employer à clarifier le concept et à dissiper les erreurs.
Cette lettre XII, appelée aussi lettre sur l'infini par les commentateurs, constitue la clé de voûte de la pensée spinoziste sur la question. Il s'agira donc de prendre appui sur ce texte, en analysant la manière dont Spinoza distingue les types d'infini et entend résoudre les difficultés à ce sujet.

Chantal Jaquet est philosophe, professeure de philosophie moderne à l'Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne

Charlotte Meurin est chargée de la politique culturelle et des animations, Service commun de la documentation, Université Polytechnique Hauts-de-France

22 avril 2025, Espace Culture, 18h30

Bernard Maitte, Lunettes, microscope, l'extension du regard au XVIIème

Répondant: Francis Meilliez

Galilée, Santa Croce Florence, photo B. Maitte

Lentilles de verre et lunette d'approche furent inventées par des artisans, les premières avant notre ère. Les clercs commencent à porter des bésicles à partir du XIVe, mais les estiment « indignes de philosophie ». Ayant entendu parler de lunettes, Galilée s'en fait apporter, perfectionne empiriquement le dispositif, montre qu'il n'est pas « fallacieux », le tourne vers le ciel, y voit les preuves de la validité du système de Copernic. Dès lors, Kepler peut s'affranchir de l'ostracisme qui frappe les lentilles, en publie la théorie, imagine dans sa « dioptrique » des outils (microscope, zoom etc.) dont certains ne peuvent alors être construits. L'élan est donné : van Leeuwenhoek observe des spermatozoïdes, Hooke des germes de cristaux et des cellules, Newton invente le télescope sur la base d'une erreur théorique : la course vers les infiniment grands et petits est lancée, étendant les limites du regard et l'affranchissant des limites de l'œil.

Bernard Maitte est professeur émérite à l'université de Lille

Francis Meilliez est professeur émérite, Université de Lille, directeur de la Société Géologique du Nord (SGN)

29 avril 2025, Espace Culture, 18h30

Jenny Sorce, Les paradoxes de l'Univers infini

Répondant: Alain Vienne

L'Univers est infini : en témoigne sa taille démesurée, sa forme géométrique encore floue avec une courbure plutôt plate et son infinité d'étoiles brillantes qui nous permet d'observer d'éblouissantes ténèbres nocturnes.
Cette présentation introduira différentes notions, notamment d'Univers observable, de courbure et topologie de l'espace-temps, ainsi que d'expansion, afin de déconstruire les paradoxes susmentionnés. Puis, à défaut de clore le débat concernant l'infinitude de l'Univers, elle sera, quant à elle, finie pour laisser place aux discussions.

Jenny Sorce est chargée de recherches CNRS au Laboratoire CRIStAL de l'Université de Lille

Alain Vienne est professeur à l'université de Lille, directeur de l’observatoire de Lille

20 mai 2025, Espace Culture, 18h30

Jean-Paul Delahaye, Controverse autour de l'infini mathématique : le multivers ensembliste

Répondant: Bernard Maitte

Multitude de singes tapant à la machine, IA Dall-E

Les mathématiciens ne sont pas d'accord les uns avec les autres au sujet
de la nature de l'infini, et en particulier au sujet de l'infini du monde ensembliste.
La controverse a récemment été renouvelée à propos du multivers ensembliste.
Le but de la conférence sera de faire comprendre en langage aussi simple que possible
cette discussion qui est aujourd'hui au centre de la théorie de l'infini.

Jean-Paul Delahaye est Professeur émérite en informatique de l'université de Lille

Bernard Maitte est professeur émérite à l'université de Lille